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Compagnie Kokodyniack

"Il y a dans la réalité historique même, la réalité précise, la réalité datée,

une poésie si effarante que toute invention strictement personnelle

paraît malingre en comparaison."

Arthur Adamov

Les Kokodyniack

Jean-Baptiste Roybon

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Véronique Doleyres

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Basile Lambert

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Alban Kakulya

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Cedric Simon

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Claire Deutsch

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Claudine Sautaux

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Merielle Kenley

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La naissance des Kokodyniack

" Avant d'entrer à la Haute Ecole des Arts de la scène, la Manufacture, à Lausanne,  et de décider de devenir comédien, j'ai exercé le métier d'éducateur spécialisé en France. Aller à la rencontre des gens dans les quartiers, écouter leurs histoire et créer du mouvement là où leur vie semblait se carencer.

Cette posture d'écoute m'a souvent semblé fragile et dérisoire face à la densité des récits de vie.

J'essayais d'imaginer que j'assistais à une représentation pour avoir la bonne distance. Seulement, il me manquait le public avec lequel j'aurais pu débattre et par là appréhender et livrer les paroles de ces gens comme des histoires aussi singulières qu'universelles et donc nécessaires à la collectivité. J'ai finalement changé de "scène" en suivant une formation dans une école de théâtre à Lyon. J'y ai rencontré Basile Lambert, avec lequel j'ai créé un atelier de théâtre pour des personnes aveugles. Puis je suis entré à la Manufacture.

La question du traitement de l'oralité au théâtre est restée au centre de mes préoccupations. Durant mes études j'ai rencontré Véronique Doleyres avec laquelle j'ai créé une forme théâtrale consacrée à l'interprétation de la parole recueillie auprès du monde agricole de la région de Grenoble en 2011. C'est à partir de là que mon mémoire de Bachelor s'est centré sur l'histoire des formes théâtrales qui se sont intéressées à ce genre de démarche, en particulier celle de Guy Alloucherie. C'est ainsi que, pour mon diplôme de fin de cursus en 2012, j'ai réalisé un solo composé de 14 interview menées auprès d'enfants et adolescents du foyer des Airelles de la Tour-de-Peilz, sur le thème de l'amour.

Après la fin du cursus scolaire, de 2012 à 2014, Véronique Doleyres, Basile Lambert et moi-même avons bénéficié d'un projet de recherche de deux ans pour élaborer une méthode qui permettait de créer des spectacles documentés.

De cet événement est née Compagnie Kokodyniack !

L'Oralité, une méthode

Plusieurs mois avant que les répétition du spectacle puissent prendre naissance, nous devons collecter notre matière textuelle. Pour ce faire, nous prenons un temps d'investigation, ce qui nous permet de rencontrer des gens liés à notre thématique.

Nous retranscrivons ensuite nos entretiens mot-à-mot, avec les erreurs de langage, les hésitations, le souffle, les bruits de bouche. Nous avons tout un code à l'attention des comédien.ne.s qui nous permet d'utiliser de nombreux signes, comme une sorte de ponctuation de l'oralité. Ceci nous donne un texte aussi précis qu'une partition de musique qu'il est nécessaire d'apprendre parfaitement pour retrouver le souffle même de la personne.

Un texte retranscrit mot-à-mot a pour particularité tout à la fois de rendre compte et d'imposer un phrasé propre à lui, qu'il n'est pas habituel de rencontrer sur une scène de théâtre. Tous les temps, les bégaiements, les phrases en suspend donnent une place à l'auditeur, une place d'interprétation, d'imagination. Nous n'imitons pas ces gens, nous portons leur parole. Ce choix d'interprétation produit ainsi une poésie du bégaiement.

Cette langue rassemble les spectateurs car elle crée la sensation d'une mémoire commune qui leur serait directement et intimement adressée.

Ainsi toute personne peut à un moment donné se sentir acteur de l'histoire.

La totalité des entretiens sont retranscrits, afin que nous ayons la possibilité de crée le texte final. Notre oreille n'entend que 7% des informations. Le reste est pris en charge par le corps, le regard, ou est tout simplement est oublié. Le fait de tout retranscrire nous permet de ne rien rater.

Nos procédons à la dramaturgie en étayant les centaines de pages écrites afin de dévoiler le texte final.

Nous revoyons ensuite la personne interviewée afin qu'elle valide nos choix, pour nous assurer que tout ce qui sera porté publiquement est en accord avec elle.